Il était une foi, la FSGT...

  • Écrit par  Gael Biraud "La Marseillaise"
 
Des militants du Comité Départemental 13 de la FSGT récompensés samedi de la médaille de la Jeunesse, des Sports et de l'Engagement Associatif. photo ERI SAINT-ROCHDes militants du Comité Départemental 13 de la FSGT récompensés samedi de la médaille de la Jeunesse, des Sports et de l'Engagement Associatif. photo ERI SAINT-ROCH L'utilisation de l'article, la reproduction, la diffusion est interdite - LMRS - (c) Copyright Journal La Marseillaise
 
 

Le Comité 13 de la Fédération Sportive et Gymnique du Travail, l'un des plus influents de France, a soufflé samedi à Martigues ses quatre-vingt bougies.

Esprit, es-tu là ? Celui de la FSGT est encore bien vivace, même quatre-vingt ans après la création de la Fédération Sportive et Gymnique du Travail. « Les premières personnes que j’ai rencontrées m’ont toutes parlé de ce fameux esprit de la FSGT », nous disait peu avant Noël Lucienne Brun, qui finalise actuellement un ouvrage sur l’histoire du Comité Départemental des Bouches-du-Rhône.

 
 

Samedi à Martigues, ce comité a soufflé ses quatre-vingt bougies en présence de cent cinquante adhérents (pardon, « militants ») qui se sont battus, se battent ou se battront pour que vive la FSGT. Et quoi de mieux que des tables rondes pour convoquer ce fameux « esprit » ? La première, animée par Gaby Olmeta, pour exposer les trois grands thèmes de la journée: « la FSGT, fière de son passé, lucide sur son présent, conquérante face à son avenir ». D’autres, pour débattre en petits groupes sur ces trois points. D’autres enfin, pour réunir tout ce petit monde autour d’un repas.

Fière de son passé

Hasard de l’histoire, c’est à Noël 1934 que la Fédération Sportive et Gmynique du Travail est née. Elle a pour parents la Fédération Sportive du Travail (FST, communiste) et l’Union des Sociétés Sportives et Gymnique du Travail (USSGT, socialiste). Le Comité 13 est l’un des tous premiers créés et il reste, de nos jours, l’un des plus actifs. Son histoire va s’écrire en relation avec des événements nationaux et internationaux (le Front Populaire, la Libération, la Guerre Froide), mais aussi beaucoup plus locaux. « Dans les années 1970, en perdant les chantiers de Port-de-Bouc, nous avons perdu du terrain », se souvient Joël Peyric, président de la Ligue Alpes Méditerranée. « En l’espace de quelques années, la Fédération a perdu près de deux milles adhérents. Mais la coopération avec le domaine mutualiste nous a permis d’aller au-delà du domaine de l’entreprise ».

Se greffent à l’Histoire des anecdotes : le local de la rue Fortia à Marseille et l’escalier sombre qui y menait. C’était avant que le Comité ne déménage rue Sainte. Il est désormais rue Girardin, près de la plage des Catalans. C’est aussi l’organisation du tout premier Marseille-Cassis, via le SCO (Sporting Club Ouvrier) de Sainte-Marguerite, désormais rebaptisée la SCO (Société Culturelle et Omnisports) Sainte-Marguerite. « On crée Marseille-Cassis, mais on crée dans la foulée le Super Challenge sur route (une réunion de plusieurs courses pédestres qui donne lieu à un classement général, ndlr). C’est-à-dire qu’on a voulu fédérer les gens, à partir d’une activité « individualiste » ».

Lucide sur son présent

Ce Super Challenge existe toujours. La remise des récompenses de la saison 2014 s’est d’ailleurs tenue samedi après-midi. Eric Benayoun, triple vainqueur du Super Challenge, court aussi bien dans les compétitions de la Fédération Française d’Athlétisme (FFA) que celles de la FSGT. Licencié à l’OM Athlétisme pour la FFA, il porte les couleurs du CEF Marathonien en FSGT. « En FSGT, le niveau est peut-être un peu moins élevé, explique-t-il. Mais c’est convivial, il y a le plaisir de se retrouver. Attention, ça reste de la compétition, et on donne le maximum. »

Une précision importante, tant la FSGT reste considérée, par beaucoup, comme une Fédération qui prônerait uniquement le « sport loisir ». « La comparaison entre la FSGT et les autres Fédérations est un peu la même que celle qui oppose les lycées professionnels et les lycées généraux », déplore un intervenant.

Autre préoccupation du moment : éviter que l'adhérent ne vienne que consommer. "Il y a 400 clubs dans le Comité, et environ 50 sont présents aujourd'hui", constate Gérard Malagoli. "De nos jours, les gens viennent consommer du sport. Ils font leurs matches de foot du lundi soir, ou leur course du dimanche matin, et c'est tout. Quand j'ai commencé il y a trente ans, je me suis intéressé au fur et à mesure à ce qu'était la FSGT". Il est désormais président de l'ASM Vieux-Port, et responsable des courses hors stade de la FSGT dans le département.

Conquérante face à son avenir

Aurélien Saujat baigne depuis qu’il est tout petit dans ces valeurs de la FSGT. « J’ai commencé à pratiquer au club multisports des AIL Blancarde. Mon grand-père a été président de ce club et ma mère s’occupe actuellement de la section basket. Mon autre grand-père, qui était communiste, a toujours eu des relations privilégiés avec la FSGT ».

Désormais permanent au Comité Départemental, il a eu envie de reprendre le flambeau à la fin de son cursus STAPS.

« Le futur, c’est lancer de plus en plus d’actions et récupérer de plus en plus de monde sur des projets liés à la santé, principalement. L’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) donne une vision très large du sport. Pas seulement physique, mais aussi sociale et mentale. Nous essayons de nous y attacher en tentant de créer des liens entre les personnes, qui sont souvent isolées socialement. Il faut éviter le « sport-médicament », ou le « sport de masse », où je vais pratiquer mais avec mes écouteurs sur les oreilles. »

Pour lui, la FSGT a les outils pour mener à bien cette mission. "On ne se sent pas forcément en concurrence avec d'autres Fédérations", précise-t-il. "Mais je pense que nous avons une facilité à innover, et à créer du partenariat avec des structures qui ne sont pas au départ forcément proches. Comme avec des collectivités qui ne sont pas du même bord politique. Ou avec la Fac de Sport, ce que les "anciens" auraient peut-être trouvé trop théorique".

Dès cette semaine, les adhérentes et adhérents de la FSGT reprendront le chemin des terrains de football, de basket, de tir à l'arc, d'athlétisme... Du 14 au 17 mai, ils seront de nouveau dans la réflexion, à l'occasion des Assises nationales et internationales du sport populaire, qui seront organisées à Marseille.

GAEL BIRAUD

 
Dernière modification le mardi, 20 janvier 2015

Mis à jour le mercredi 21 janvier 2015 16:15

Aller au haut